mercredi, avril 20, 2005

Reflets pragois – Résonances et réminiscences (de Pierre-Yves)


L’espace de quelques jours, j’ai goûté au statut particulier de prince consort… et j’ai apprécié le rôle ! Compagnon de route (accompagnateur… non musical ?) d’une joyeuse chorale, je me suis laissé entraîner, porté de répétition en concert, de concert en salle de restaurant, de bistrot en musée, de pont en place piétonne.


J’ai eu froid avec les chanteuses et les chanteurs, ma gorge s’est nouée avec eux dans les moments forts du Stabat, Dvorak m’est devenu frère, la douleur d’une Mater m’a bouleversé, la Passion et Pâques ont repris tout leur sens.

Pourtant, je n’aime pas les voyages organisés. Je déteste suivre les parapluies multicolores brandis au-dessus des foules, m’arrêter pour d’improbables raisons devant un immeuble dont l’histoire m’échappe, passer trop vite devant un dessin, une photo, une façade, qui ont retenu mon attention. Eh bien là, rien de tel ! L’organisation était discrète quoique efficace – merci Olivier… - et ne restreignait pas ma liberté d’errer. Et de ce collectif pragois je retiendrai la chaleur des rencontres, quelques discussions amicales, une riche galerie de sourires, de regards enjoués, de commentaires enthousiastes, et la musique qui rassemble et élève.



Ce furent aussi des journées plus familiales, d’innombrables ruelles pavées parcourues du matin au soir, à la recherche d’un monument riche d’histoire, du cimetière et de la tombe de Dvorak, d’une marionnette bien sûr authentique et unique, d’une vue imprenable sur la Vltava, ou du tram – j’ignorais qu’il en existait tant, de formes et d’âges différents – qui saurait nous conduire à toute allure, en fendant sans pitié la foule des piétons et le torrent des voitures, vers un quartier proche ou lointain où reprendre la marche.


Je garderai du musée d’art moderne et contemporain l’image de certaines œuvres dont les peintres ont su me retenir un moment captif dans leur univers, reflet d’une Tchécoslovaquie modeste et campagnarde, et la sobre beauté de ce bâtiment industriel lumineux et si heureusement réaménagé. La bibliothèque du couvent de Strahov me laissera le souvenir d’une époque où on pouvait rêver embrasser tout le savoir en un seul lieu, bibliothèque, cartothèque, collection de spécimen d’histoire naturelle.

Je reverrai longtemps ces alignements de façades rénovées, baroques, classiques ou Art nouveau, ces églises dont je ne sais si la décoration m’apparaissait tourmentée ou triomphante dans sa foisonnante alternance d’ors et de marbres, et qui me forçaient à m’interroger, moi le protestant, sur rationalité et passion, texte ou image, froideur ou émotion. Je dessinerai encore sur un coin de mon bloc-notes, lors des longues réunions de travail, les tours élancées et magiques de l’église Notre-Dame-de-Tyn, qui auraient pu donner naissance à quelque romantique rencontre, ou abriter la bonne fée d’un conte pour enfants.

Je regretterai de ne pas avoir pu rencontrer quelques Tchèques, quelques Pragois, tenu loin d’eux par l’obstacle de la langue. Peut-être d’ailleurs les visites collectives ne favorisent-elles pas les rencontres individuelles.

Et pour finir avec un parfum d’aventure ce voyage si harmonieux, je me souviendrai de ces trois habiles pickpockets qui m’ont délesté de mon porte-monnaie dans le bus pour l’aéroport et qui me l’ont rendu intact – à ma grande surprise – après que j’aie saisi l’un d’entre eux sans plus réfléchir en criant « Au voleur » et qu’Arielle se soit vaillamment précipitée à mon secours !

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1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Pierre-Yves:
Que de choses racontées. On dirait aussi ta vie à page ouverte. Un peu de toi qui se révèle ... Et pourtant un voyage passé ensemble et on n'a pas l'occasion de faire de plus amples connaissances. Enfin, ce n'est que partie remise.

Binh

jeudi, avril 21, 2005 4:52:00 PM  

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